HEREDO-RIBOTES (2001)

Pour alto solo et 51 musiciens d'orchestre / For viola solo and 51 Orchester musicians (env. 17'00'')

(Editions Billaudot, score in rent, ref.GB7122O)

Création / Première : Rundfunk Symphonieorchester Berlin, dir. : Fabrice Bollon, alto : Barbara Maurer, 25 janvier 2002, Berlin, grande salle du Konzerthaus, festival Ultraschall.

(Une lecture privée, sans répétition, d'une première version écourtée de la pièce avait été faite par l'orchestre national du capitole de Toulouse le 21 juin 2001 / A private lecture, without rehearsal, of a first short version of the piece was made by the Orchestre National du Capitole of Toulouse in June 2001)

dédié à / dédicated to Gilles Léothaud

" Les corps étaient enlacés. On ne pouvait distinguer de qui était ce bras, de qui ce regard. Les frémissements des uns engendraient les frissons des autres. Par moment, une individualité se distinguait, dont chaque geste contaminait le reste du groupe. La fête prenait ainsi l'allure d'un corps unique aux respirations multiples."

Cette pièce est dédiée à Gilles Leothaud, professeur d'ethnomusicologie au Conservatoire National Supérieur de musique de Paris, dont les leçons de musique et de vie ont considérablement influencé mon travail actuel."

Cette pièce a été primée dans la catégorie "pièces recommandées" du concours "International Rostrum of composers" organisé par l'unesco et les radios musicales de 80 pays (la pièce représentait la radio allemande)


Notes de programme en français
Programmtext auf Deutsch

Some critics of the premiere / quelques critiques de la première : Tagesspiegel ; Die Welt ; Berliner Zeitung ; Neues Musik Zeitung ; newsletter Ricordi ;

Extrait 1 :

Extrait 2 :

Extrait 3 :

Extrait 4 :


Programmtext auf Deutsch

Fabien Lévy, Schüler von Gérard Grisey, ist ein ausgesprochen intellektueller Komponist. Seine musikwissenschaftliche Dissertation trägt den imposanten Titel "Die Diskrepanz kompositorischer Intentionen und deren Wahrnehmung in der Informations- und Komplexitätstheorie" und fundiert theoretisch sein komplexes ästhetisches Denken als Komponist. Die enge Verzahnung von theoretischer Reflexion und praktischer kompositorischer Arbeit ist typisch für seine Arbeitsweise, Lévys Musik ist ohne philosophisches Fundament nicht vorstellbar. Die Weitläufigkeit seiner Interessen zeigt sich aber auch am Einfluss, den außereuropäische Kulturen auf Lévys Musik hatten und haben, wobei besonders schriftlose Kulturen seine Neugier wecken.

Die Komposition eines "Konzerts" für ein Solo-Instrument und Orchester war, so sagt Lévy, "Widerspruch und Herausforderung" gleichermaßen. Seit längerem schon beschäftigt sich der Komponist mit dem oft paradoxen Verhältnis des Ganzen zu den einzelnen teilen. Lévy schwebt als Ideal ein bis ins feinste ziseliertes Mosaik vor, in dem jeder Stein allein un zugleich im Verbund mit anderen Sinn ergibt. In Hérédo-Ribotes für Solo-Bratsche und 51 Orchestermusiker ist der Solist nicht der herausgehobene Individualist gegenüber dem kollektiv des Orchesters. Er hat sich seinen Solopart mit Musikern aus dem Orchester zu teilen, und gelegentlich ist er auch nur ein Musiker zwischen 51 Kollegen.

Darüber hinaus versucht Lévy, durch komplexe kompositorische Verfahren, kleine, wie er es nennt "transparametrische Biegungen" zu erzielen oder Instrumente gewissermaßen in zwei virtuelle Instrumente aufzuspalten. Die Reduktion eines Klangs auf die beiden Grundparameter Tonhöhe und Dauer hält er für unbefriedigend, weshalb er, wie er sagt, immer zwei Töne als zwei verschiedene Klänge anzusehen bemüht sei. So spielt der Solist im ersten Solo von Hérédo-Ribotes eine ganze Weile nur einen einzigen Ton, ein >D<, doch wariiert durch verschiedene Techniken von Schwebung und Farben. Ein wenig klinge das, so Lévy, "wie bei einem afrikanischen musikalischen Bogen oder wie bei einer Maultrommel, wo der Musiker mit nur einem Ton, aber verschieden Obertönen und Farben eine ausgedehnte Melodie Spielt. In Hérédo-Ribotes ist jeder Ton schon eine ganze Welt, und alle zusammen sind nur ein kleiner Stein in einem großen Mosaik, wie kleine Körper in einem lebenden Organismus."Lévy widmete das Werk Gilles Léothaud, seinem musikethnologischen Lehrer im Pariser Konservatorium, dessen Lektionen über die Musik und das Leben seine heutige musikalische Sprache tief beeinflusst hätten.

Rainer Pöllmann, Programmheft von Ultraschall Festival.


Notes de programme en français

Fabien Lévy, qui fut étudiant de Gérard Grisey, est un compositeur sans aucun doute intellectuel. Sa thèse de doctorat en musicologie porte le titre imposant « Etude du décalage entre intention compositionnelle et perception sous l'angle des théories de l'information et des théories de la complexités », et sert de fondement théorique à sa pensée esthétique complexe de compositeur. Les rouages étroits entre la réflexion théorique et le travail compositionnel pratique sont typiques de sa façon de travailler, et la musique de Lévy est inconcevable sans fondement philosophique. L'éventail large de ses curiosités montre aussi une influence des musiques des cultures extra-occidentales, et en particulier de certaines cultures non-écrites.

La composition d'un « concerto » pour un instrument solo et orchestre représentait, comme dit Lévy, « une contradiction et un challenge ». En effet, le compositeur est depuis longtemps obsédé par la relation paradoxale entre le tout et la partie. L'idéal chez Lévy est de construire des mosaïques ciselées de la façon la plus raffinée possible, où le sens de chaque pierre seule et de chaque pierre dans sa relation avec les autres n'est pas le même. Dans Hérédo-Ribotes, pour alto-solo et 51 musiciens d'orchestre, le soliste n'est pas cet individu seul confronté à l'orchestre. Le soliste doit partager sa partie solo avec les musiciens de l'orchestre, et dans le même temps n'être qu'un musicien parmi 51 collègues.

De plus, Lévy essaie, par des procédures compositionnelles complexes, de créer, comme il dit "de petites inflexions transparamétriques", ou de diviser chaque instrument en de multiples petits instruments virtuels élémentaires. La réduction d'un son en paramètres fondamentaux tels que la hauteur de sa fondamentale et sa durée ne l'a jamais satisfait, et c'est pourquoi il considère toujours, comme il dit, deux notes comme deux différentes sonorités. Ainsi, le soliste joue dans le premier solo de Hérédo-Ribotes une ligne complète simplement à partir d'une note unique, un <ré>, varié selon différentes techniques de vibration et de couleur. Cela sonne un peu, comme dit Lévy, comme dans les répertoires d'arc musical en Afrique, ou comme une guimbarde, où le musicien, avec une seule note, mais différentes harmoniques et couleurs, joue une mélodie complète. Dans Hérédo-Ribotes, chaque note est un monde complet, et, dans le même temps, un ensemble de notes ne forme qu'une petite pierre dans une grande mosaïque, comme de petits corps dans un organisme vivant. Lévy a dédié cette Ïuvre à Gilles Léothaud, son professeur d'ethnomusicologie au Conservatoire de Paris, dont les leçons de vie et de musique ont profondément influencé son langage musical actuel.

Rainer Pöllmann, texte de programme du festival "Ultraschall" (Berlin)